Registre des objets mobiliers (registre de police) : l'obligation légale du revendeur de vêtements d'occasion

Registre des objets mobiliers (registre de police) : l'obligation que tout revendeur de vêtements d'occasion doit connaître (2026)

10 min de lecture

C'est l'obligation légale que la quasi-totalité des revendeurs de vêtements d'occasion ignore, et elle est très sérieuse. Dès que tu achètes des vêtements d'occasion pour les revendre de façon habituelle (sur Vinted, Whatnot, en friperie ou en boutique), tu es un « revendeur d'objets mobiliers » au sens du Code pénal. À ce titre, tu dois faire une déclaration en préfecture et tenir un registre, souvent appelé « registre de police ». Bonne nouvelle : pour les vêtements, une version allégée existe, et ce guide t'explique exactement quoi faire.

On le précise tout de suite : si tu revends seulement tes propres affaires (ton dressing), tu n'es pas concerné. C'est l'achat pour revendre, de manière habituelle, qui déclenche l'obligation. Sources de ce guide : la foire aux questions officielle de la Direction générale des Entreprises (décembre 2025), le Code pénal et service-public.fr.

L'essentiel en 30 secondes

Tu es concerné dès que tu achètes des vêtements d'occasion pour les revendre à titre habituel, quelle que soit leur valeur. Pas concerné si tu vends seulement ton propre dressing.

Deux obligations : une déclaration préalable en préfecture (formulaire Cerfa 11733*02) et la tenue d'un registre des objets mobiliers.

Le bon plan vêtements : pour les pièces achetées à 60 € ou moins l'unité, le registre est allégé (un lot = une ligne). Les sanctions, elles, sont lourdes : jusqu'à 6 mois et 30 000 €.

Le registre de police, c'est quoi exactement ?

Le registre des objets mobiliers (aussi appelé « registre de police » ou « registre de brocante ») est un document où tu consignes, jour par jour, les objets d'occasion que tu achètes pour les revendre, ainsi que l'identité des personnes qui te les ont vendus. Son but : permettre aux autorités de tracer les marchandises d'occasion pour lutter contre le recel (la revente d'objets volés).

Cette obligation est prévue par les articles 321-7, 321-8 et R.321-1 à R.321-12 du Code pénal. Elle vise les antiquaires et brocanteurs, mais aussi, et c'est le point que personne ne dit, tout professionnel pratiquant la seconde main, y compris dans l'habillement, et quelle que soit la valeur des pièces.

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Es-tu concerné ? Le test simple

Tu es soumis à cette réglementation si trois conditions sont réunies : tu revends ou échanges des objets d'occasion (ou acquis auprès de personnes qui n'en sont ni le fabricant ni le commerçant), à titre habituel, dans le cadre d'une activité professionnelle (même accessoire, même pour une faible part de ton activité). Autrement dit : si tu fais de l'achat-revente de vêtements de façon régulière, tu es concerné.

Tu n'es pas concerné si tu vends uniquement tes affaires personnelles entre particuliers (vider ton dressing). Dès que tu bascules en activité commerciale, en revanche, tu cumules cette obligation avec le statut et le compte Vinted Pro. Pour situer la frontière particulier / pro, vois aussi notre guide du débutant.

Les 3 situations en un coup d'œil

Je vide mon dressing entre particuliers : pas de registre, pas de déclaration.

J'achète des lots de fringues pour les revendre (Vinted Pro, Whatnot) : déclaration + registre obligatoires.

Je tiens une friperie ou un dépôt-vente : déclaration + registre obligatoires.

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Étape 1 : la déclaration préalable en préfecture (Cerfa 11733*02)

Avant de démarrer l'achat-revente, tu dois te déclarer comme revendeur d'objets mobiliers. Ça se fait avec le formulaire Cerfa 11733*02, à déposer à la préfecture ou sous-préfecture dont dépend ton établissement principal. À Paris, c'est la préfecture de police. Si tu n'as pas d'établissement fixe (activité 100 % en ligne), c'est ton domicile qui fait foi.

Les informations demandées : nom et prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, lieu d'exercice, statut de l'entreprise et numéro unique d'identification (SIREN). Depuis 2021, le Kbis n'est plus exigé : ton SIREN suffit. En retour, on te remet un récépissé : conserve-le précieusement, tu devras le présenter en cas de contrôle (police, gendarmerie, services fiscaux, douanes, répression des fraudes). Omettre cette déclaration coûte 1 500 € d'amende, et 3 000 € en cas de récidive.

Déclaration préalable en préfecture du revendeur d'objets mobiliers avec le formulaire Cerfa 11733*02

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Étape 2 : tenir le registre des objets mobiliers

Une fois déclaré, tu dois tenir ton registre au quotidien. Il peut être papier (un cahier) ou numérique (un logiciel ou un tableur conforme). Le modèle officiel est fixé par l'arrêté du 15 mai 2020.

Pour chaque entrée, le registre doit permettre d'identifier l'objet et la personne qui te l'a vendu : nom, prénoms et domicile du vendeur (avec les références de sa pièce d'identité), ainsi que la nature, la provenance et la description des objets (article R.321-3). Si tu choisis le papier, les inscriptions se font au jour le jour, à l'encre indélébile, sans blanc, sans rature ni abréviation. Durée de conservation : 5 ans après la clôture du registre papier, 10 ans pour un registre numérique. Le registre doit être présenté à toute réquisition des autorités.

Registre des objets mobiliers au format papier ou numérique : durées de conservation comparées

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L'allègement décisif pour les vêtements : le régime des objets à 60 € ou moins

C'est LA information que la plupart des articles oublient, et elle change tout pour un revendeur de fringues. Pour les objets dont la valeur unitaire d'achat n'excède pas 60 €, sans intérêt historique ou artistique, et qui forment un lot homogène (par leur nature, ou achetés auprès d'une même personne), tu bénéficies d'un régime allégé : au lieu d'une fiche par vêtement, tu peux faire une mention et une description commune du lot, avec un numéro d'ordre commun.

Concrètement : la quasi-totalité des vêtements de seconde main étant achetés bien en dessous de 60 € pièce, tu n'as pas à décrire chaque t-shirt un par un. Un lot acheté chez un grossiste = une ligne dans ton registre. C'est ce qui rend l'obligation parfaitement gérable, même avec du volume (cadre fixé par l'arrêté du 29 décembre 1988).

Régime allégé du registre pour les vêtements d'occasion achetés à 60 euros ou moins l'unité

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Cas pratique : comment renseigner un lot acheté au kilo

Tu achètes une box ou un ballot au kilo chez un grossiste ? Dans ton registre, le « vendeur », c'est le grossiste : tu notes son identité (raison sociale, adresse), la date, la nature du lot (par exemple « lot de vêtements de seconde main, ~30 pièces »), sa provenance et son prix. Et surtout : tu conserves la facture d'achat du lot, qui prouve la provenance. C'est exactement le réflexe qu'on détaille dans notre guide pour justifier ses achats sans facture et celui du ballot.

D'où l'intérêt énorme de passer par un fournisseur qui fournit une vraie facture et une provenance traçable : ta conformité devient un jeu d'enfant. Si tu sources à l'aveugle en brocante sans aucun justificatif, c'est beaucoup plus compliqué à documenter. Voir notre guide fournisseur Vinted.

Checklist de mise en conformité

☐ Déclaration préalable déposée en préfecture (Cerfa 11733*02)

☐ Récépissé de déclaration conservé (à présenter en cas de contrôle)

☐ Registre tenu au jour le jour (papier conforme ou numérique)

☐ Régime allégé utilisé pour les lots de pièces à 60 € ou moins

☐ Factures d'achat des lots/ballots conservées (provenance)

☐ Registre conservé 5 ans (papier) ou 10 ans (numérique)

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À télécharger : modèle de registre des objets mobiliers

Notre modèle de registre prêt à remplir (conforme au modèle officiel) : une ligne par lot, les colonnes obligatoires déjà en place. Idéal pour démarrer ta mise en conformité sans te tromper.

Télécharger le modèle (PDF) →

Sanctions : ce que tu risques vraiment

Ce n'est pas à prendre à la légère. Ne pas tenir de registre, le tenir de façon inexacte, ou refuser de le présenter aux autorités est un délit, puni de 6 mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (articles 321-7 et 321-8 du Code pénal), avec aggravation possible en cas de récidive. Ne pas faire la déclaration préalable est une contravention de 5e classe : 1 500 €, portée à 3 000 € en récidive. Et ne pas présenter ton récépissé lors d'un contrôle, c'est 450 €. Se mettre en règle coûte bien moins cher que ces sanctions.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les textes évoluent : vérifie ta situation auprès de ta préfecture, de service-public.fr ou d'un professionnel du droit.

Contrôle de conformité du registre des objets mobiliers par les autorités et sanctions encourues

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Le registre parmi tes autres obligations de revendeur

Le registre n'est qu'une pièce du puzzle. Pour être 100 % en règle, tu cumules : un statut (la micro-entreprise pour démarrer), le compte Vinted Pro, la déclaration de tes revenus et le suivi DAC7 (notre guide Vinted et impôts), la facturation conforme, et donc ce registre des objets mobiliers. Tout se tient autour d'un même réflexe : tracer et conserver tes justificatifs d'achat.

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Une provenance traçable, c'est une conformité simple

Les Friptabox sont sourcées en France, avec facture et provenance claires : tu renseignes ton registre en une ligne et tu gardes un justificatif net. Du stock lavé, repassé, trié Grade A, expédié en 24/48h, et une traçabilité sans prise de tête.

Découvrir les Friptabox →Offre fournisseur Vinted

Registre des objets mobiliers : les questions fréquentes

Faut-il vraiment un registre pour revendre des vêtements d'occasion ?
Oui, dès que tu fais de l'achat-revente à titre habituel et professionnel. La réglementation des revendeurs d'objets mobiliers s'applique à l'habillement comme aux autres secteurs, quelle que soit la valeur des pièces.

Je vide juste mon dressing, suis-je concerné ?
Non. Les ventes entre particuliers ne sont pas soumises à cette obligation. C'est l'achat pour revendre, de façon régulière, qui la déclenche.

Je suis auto-entrepreneur en friperie, dois-je tenir ce registre ?
Oui : dès que l'activité est professionnelle et habituelle, même accessoire, tu dois te déclarer et tenir le registre.

Registre papier ou Excel ?
Les deux sont acceptés, à condition de respecter le modèle officiel. Le papier se tient à l'encre indélébile, sans rature, et se conserve 5 ans ; le numérique se conserve 10 ans.

Comment remplir le registre quand j'achète au kilo ?
Le vendeur, c'est le grossiste : tu notes son identité, la date, la nature et la provenance du lot, et tu conserves la facture. Pour des pièces à 60 € ou moins, un lot homogène tient sur une seule ligne.

Où faire la déclaration ?
À la préfecture ou sous-préfecture de ton établissement principal (préfecture de police à Paris), avec le Cerfa 11733*02. En activité 100 % en ligne, c'est ton domicile qui fait foi.

Est-ce vraiment contrôlé ?
Le registre et le récépissé doivent être présentés sur demande de la police, de la gendarmerie, des douanes, des services fiscaux ou de la répression des fraudes. Les sanctions en cas de manquement sont lourdes.

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