Registre des objets mobiliers (registre de police) : l'obligation légale du revendeur de vêtements d'occasion

Registre des objets mobiliers (registre de police) : l'obligation que tout revendeur de vêtements d'occasion doit connaître (2026)

15 min de lecture

Publié le 13 juin 2026

C'est l'obligation légale que la quasi-totalité des revendeurs de vêtements d'occasion ignore, et elle est très sérieuse. Dès que tu achètes des vêtements d'occasion pour les revendre de façon habituelle (sur Vinted, Whatnot, en friperie ou en boutique), tu es un « revendeur d'objets mobiliers » au sens du Code pénal. À ce titre, tu dois faire une déclaration en préfecture et tenir un registre, souvent appelé « registre de police ». Bonne nouvelle : pour les vêtements, une version allégée existe, et ce guide t'explique exactement quoi faire.

On le précise tout de suite : si tu revends seulement tes propres affaires (ton dressing), tu n'es pas concerné. C'est l'achat pour revendre, de manière habituelle, qui déclenche l'obligation. Sources de ce guide : la foire aux questions officielle de la Direction générale des Entreprises (décembre 2025), le Code pénal et service-public.fr.

L'essentiel en 30 secondes

Tu es concerné dès que tu achètes des vêtements d'occasion pour les revendre à titre habituel, quelle que soit leur valeur. Pas concerné si tu vends seulement ton propre dressing.

Deux obligations : une déclaration préalable en préfecture (formulaire Cerfa 11733*02) et la tenue d'un registre des objets mobiliers.

Le bon plan vêtements : pour les pièces achetées à 60 € ou moins l'unité, le registre est allégé (un lot = une ligne). Les sanctions, elles, sont lourdes : jusqu'à 6 mois et 30 000 €.

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Le registre de police, c'est quoi exactement ?

Le registre des objets mobiliers (aussi appelé « registre de police » ou « registre de brocante ») est un document où tu consignes, jour par jour, les objets d'occasion que tu achètes pour les revendre, ainsi que l'identité des personnes qui te les ont vendus. Son but : permettre aux autorités de tracer les marchandises d'occasion pour lutter contre le recel (la revente d'objets volés).

Cette obligation est prévue par les articles 321-7, 321-8 et R.321-1 à R.321-12 du Code pénal. Elle vise les antiquaires et brocanteurs, mais aussi, et c'est le point que personne ne dit, tout professionnel pratiquant la seconde main, y compris dans l'habillement, et quelle que soit la valeur des pièces.

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Es-tu concerné ? Le test simple

Tu es soumis à cette réglementation si trois conditions sont réunies : tu revends ou échanges des objets d'occasion (ou acquis auprès de personnes qui n'en sont ni le fabricant ni le commerçant), à titre habituel, dans le cadre d'une activité professionnelle (même accessoire, même pour une faible part de ton activité). Autrement dit : si tu fais de l'achat-revente de vêtements de façon régulière, tu es concerné.

Tu n'es pas concerné si tu vends uniquement tes affaires personnelles entre particuliers (vider ton dressing). Dès que tu bascules en activité commerciale, en revanche, tu cumules cette obligation avec le statut et le compte Vinted Pro. Pour situer la frontière particulier / pro, vois aussi notre guide du débutant.

Les 3 situations en un coup d'œil

✓ Je vide mon dressing entre particuliers : pas de registre, pas de déclaration.

✗ J'achète des lots de fringues pour les revendre (Vinted Pro, Whatnot) : déclaration + registre obligatoires.

✗ Je tiens une friperie ou un dépôt-vente : déclaration + registre obligatoires.

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Étape 1 : la déclaration préalable en préfecture (Cerfa 11733*02)

Avant de démarrer l'achat-revente, tu dois te déclarer comme revendeur d'objets mobiliers. Ça se fait avec le formulaire Cerfa 11733*02, à déposer à la préfecture ou sous-préfecture dont dépend ton établissement principal. À Paris, c'est la préfecture de police. Si tu n'as pas d'établissement fixe (activité 100 % en ligne), c'est ton domicile qui fait foi.

Les informations demandées : nom et prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, lieu d'exercice, statut de l'entreprise et numéro unique d'identification (SIREN). Depuis 2021, le Kbis n'est plus exigé : ton SIREN suffit. En retour, on te remet un récépissé : conserve-le précieusement, tu devras le présenter en cas de contrôle (police, gendarmerie, services fiscaux, douanes, répression des fraudes). Omettre cette déclaration coûte 1 500 € d'amende, et 3 000 € en cas de récidive.

Déclaration préalable en préfecture du revendeur d'objets mobiliers avec le formulaire Cerfa 11733*02

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Étape 2 : tenir le registre des objets mobiliers

Une fois déclaré, tu dois tenir ton registre au quotidien. Il peut être papier (un cahier) ou numérique (un logiciel ou un tableur conforme). Le modèle officiel est fixé par l'arrêté du 15 mai 2020.

Pour chaque entrée, le registre doit permettre d'identifier l'objet et la personne qui te l'a vendu : nom, prénoms et domicile du vendeur (avec les références de sa pièce d'identité), ainsi que la nature, la provenance et la description des objets (article R.321-3). Si tu choisis le papier, les inscriptions se font au jour le jour, à l'encre indélébile, sans blanc, sans rature ni abréviation. Durée de conservation : 5 ans après la clôture du registre papier, 10 ans pour un registre numérique. Le registre doit être présenté à toute réquisition des autorités.

Registre des objets mobiliers au format papier ou numérique : durées de conservation comparées

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RGPD : quelles données du vendeur tu peux noter, et lesquelles tu ne dois pas garder

C'est la question qui revient le plus souvent, et elle part d'un malentendu : le RGPD ne t'empêche pas de tenir ton registre, il te dit comment le tenir. Relever l'identité d'un vendeur n'a rien d'illégal ici, parce que tu ne le fais pas de ta propre initiative : tu le fais parce qu'un texte t'y oblige. C'est ce que le RGPD appelle une obligation légale (article 6.1.c), et c'est l'une des bases juridiques les plus solides qui existent.

Conséquence directe, et elle est importante : tu n'as pas besoin du consentement du vendeur, et il ne peut ni s'y opposer, ni exiger l'effacement de la ligne le concernant tant que le registre doit être conservé. Un particulier qui refuse de donner son identité, c'est simplement un achat que tu ne peux pas inscrire, donc un achat que tu ne devrais pas faire.

Ce que tu notes, et rien de plus

✓ Nom, prénoms, qualité et domicile du vendeur

✓ La nature de la pièce d'identité (carte d'identité, passeport, titre de séjour)

✓ Son numéro, sa date de délivrance et l'autorité qui l'a délivrée

✗ Pas de photocopie, pas de photo, pas de scan de la pièce d'identité. Tu la regardes, tu recopies les références, tu la rends.

Ce dernier point surprend, et c'est pourtant le cœur du sujet. L'article R.321-3 du Code pénal demande les références du document, pas le document. Conserver une copie de pièce d'identité alors que la loi ne l'exige pas, c'est collecter plus que nécessaire : c'est précisément ce que le principe de minimisation interdit. Un fichier de photos de cartes d'identité, c'est aussi la fuite de données la plus banale et la plus coûteuse qui soit.

Pour le reste, trois réflexes suffisent. Durée : ces données vivent le temps du registre, 5 ans pour le papier, 10 ans pour le numérique, et pas au-delà. Sécurité : un registre numérique contient des données personnelles, donc un fichier protégé, sauvegardé, et pas un tableur qui traîne dans un dossier partagé public. Transparence : une ligne sur ton reçu d'achat suffit, du type « Ces informations sont relevées au titre du registre des objets mobiliers (article 321-7 du Code pénal) et conservées 5 ans. »

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Le cas des plateformes en ligne : Vinted, Leboncoin, Facebook

Voilà le vrai angle mort, et il mérite d'être traité honnêtement. Quand tu achètes un lot à un particulier sur une plateforme, tu n'obtiens jamais son identité civile ni les références de sa pièce d'identité. La plateforme ne te les communiquera pas, et elle a raison : elle n'a pas le droit de te les donner. Tu te retrouves donc face à une obligation que tu ne peux matériellement pas remplir à la lettre.

La règle d'or dans cette situation tient en une phrase : tu documentes ce que tu as, tu n'inventes jamais ce que tu n'as pas. Inscrire un nom approximatif ou un pseudo présenté comme une identité, c'est un registre inexact, et un registre inexact expose aux mêmes sanctions qu'un registre absent. Ne fais jamais ça.

Ce que tu conserves pour un achat en ligne

✓ La confirmation de commande de la plateforme, avec son numéro de transaction

✓ Le pseudo du vendeur et la date exacte de l'achat

✓ Le montant payé et la trace du paiement sur ton relevé

✓ Le bordereau d'expédition du colis reçu

✓ Une capture de l'annonce, qui décrit le lot et sa provenance déclarée

Cet ensemble ne remplace pas une identité complète, mais il constitue une traçabilité réelle et vérifiable : la transaction est archivée par la plateforme, qui est elle-même tenue de conserver et de transmettre les données de ses vendeurs à l'administration fiscale au titre de la directive DAC7. En cas de contrôle, tu peux montrer d'où vient la marchandise, quand, pour combien, et par quel canal.

Reste que ce n'est pas confortable, et il faut le dire clairement : acheter à des particuliers anonymes en ligne est le mode de sourcing le plus difficile à documenter qui soit. C'est un choix à faire en connaissance de cause. Si tu veux la position la plus sûre, c'est en amont qu'elle se joue, sur le choix de la source, pas en aval sur la paperasse.

Un achat auprès d'un grossiste professionnel règle la question en une ligne : le vendeur est une société identifiée, avec une raison sociale, un SIRET, une adresse et une facture. Aucune pièce d'identité à relever, aucune donnée personnelle sensible à héberger, aucun doute sur la provenance. C'est aussi ce qu'on explique dans notre guide pour justifier ses achats en brocante sans facture.

Sur ce point précis des achats en ligne, aucun texte ne prévoit encore de régime dérogatoire explicite. En cas de doute sur ta situation, la préfecture qui a enregistré ta déclaration est l'interlocuteur qui fera foi.

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L'allègement décisif pour les vêtements : le régime des objets à 60 € ou moins

C'est LA information que la plupart des articles oublient, et elle change tout pour un revendeur de fringues. Pour les objets dont la valeur unitaire d'achat n'excède pas 60 €, sans intérêt historique ou artistique, et qui forment un lot homogène (par leur nature, ou achetés auprès d'une même personne), tu bénéficies d'un régime allégé : au lieu d'une fiche par vêtement, tu peux faire une mention et une description commune du lot, avec un numéro d'ordre commun.

Concrètement : la quasi-totalité des vêtements de seconde main étant achetés bien en dessous de 60 € pièce, tu n'as pas à décrire chaque t-shirt un par un. Un lot acheté chez un grossiste = une ligne dans ton registre. C'est ce qui rend l'obligation parfaitement gérable, même avec du volume (cadre fixé par l'arrêté du 29 décembre 1988).

Régime allégé du registre pour les vêtements d'occasion achetés à 60 euros ou moins l'unité

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Cas pratique : comment renseigner un lot acheté au kilo

Tu achètes une box ou un ballot au kilo chez un grossiste ? Dans ton registre, le « vendeur », c'est le grossiste : tu notes son identité (raison sociale, adresse), la date, la nature du lot (par exemple « lot de vêtements de seconde main, ~30 pièces »), sa provenance et son prix. Et surtout : tu conserves la facture d'achat du lot, qui prouve la provenance. C'est exactement le réflexe qu'on détaille dans notre guide pour justifier ses achats sans facture et celui du ballot.

D'où l'intérêt énorme de passer par un fournisseur qui fournit une vraie facture et une provenance traçable : ta conformité devient un jeu d'enfant. Si tu sources à l'aveugle en brocante sans aucun justificatif, c'est beaucoup plus compliqué à documenter. Voir notre guide fournisseur Vinted.

Checklist de mise en conformité

☐ Déclaration préalable déposée en préfecture (Cerfa 11733*02)

☐ Récépissé de déclaration conservé (à présenter en cas de contrôle)

☐ Registre tenu au jour le jour (papier conforme ou numérique)

☐ Régime allégé utilisé pour les lots de pièces à 60 € ou moins

☐ Factures d'achat des lots/ballots conservées (provenance)

☐ Registre conservé 5 ans (papier) ou 10 ans (numérique)

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À télécharger : modèle de registre des objets mobiliers

Notre modèle de registre prêt à remplir (conforme au modèle officiel) : une ligne par lot, les colonnes obligatoires déjà en place. Idéal pour démarrer ta mise en conformité sans te tromper.

Télécharger le modèle (PDF) →

Sanctions : ce que tu risques vraiment

Ce n'est pas à prendre à la légère. Ne pas tenir de registre, le tenir de façon inexacte, ou refuser de le présenter aux autorités est un délit, puni de 6 mois d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (articles 321-7 et 321-8 du Code pénal), avec aggravation possible en cas de récidive. Ne pas faire la déclaration préalable est une contravention de 5e classe : 1 500 €, portée à 3 000 € en récidive. Et ne pas présenter ton récépissé lors d'un contrôle, c'est 450 €. Se mettre en règle coûte bien moins cher que ces sanctions.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Les textes évoluent : vérifie ta situation auprès de ta préfecture, de service-public.fr ou d'un professionnel du droit.

Contrôle de conformité du registre des objets mobiliers par les autorités et sanctions encourues

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Le registre parmi tes autres obligations de revendeur

Le registre n'est qu'une pièce du puzzle. Pour être 100 % en règle, tu cumules : un statut (la micro-entreprise pour démarrer), le compte Vinted Pro, la déclaration de tes revenus et le suivi DAC7 (notre guide Vinted et impôts, et notre calculateur DAC7 pour vérifier si tu franchis les seuils de déclaration), la facturation conforme, et donc ce registre des objets mobiliers. Tout se tient autour d'un même réflexe : tracer et conserver tes justificatifs d'achat.

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Registre des objets mobiliers : les questions fréquentes

Faut-il vraiment un registre pour revendre des vêtements d'occasion ?
Oui, dès que tu fais de l'achat-revente à titre habituel et professionnel. La réglementation des revendeurs d'objets mobiliers s'applique à l'habillement comme aux autres secteurs, quelle que soit la valeur des pièces.

Je vide juste mon dressing, suis-je concerné ?
Non. Les ventes entre particuliers ne sont pas soumises à cette obligation. C'est l'achat pour revendre, de façon régulière, qui la déclenche.

Je suis auto-entrepreneur en friperie, dois-je tenir ce registre ?
Oui : dès que l'activité est professionnelle et habituelle, même accessoire, tu dois te déclarer et tenir le registre.

Registre papier ou Excel ?
Les deux sont acceptés, à condition de respecter le modèle officiel. Le papier se tient à l'encre indélébile, sans rature, et se conserve 5 ans ; le numérique se conserve 10 ans.

Comment remplir le registre quand j'achète au kilo ?
Le vendeur, c'est le grossiste : tu notes son identité, la date, la nature et la provenance du lot, et tu conserves la facture. Pour des pièces à 60 € ou moins, un lot homogène tient sur une seule ligne.

Où faire la déclaration ?
À la préfecture ou sous-préfecture de ton établissement principal (préfecture de police à Paris), avec le Cerfa 11733*02. En activité 100 % en ligne, c'est ton domicile qui fait foi.

Le RGPD m'interdit-il de noter l'identité du vendeur ?
Non, c'est l'inverse. Le RGPD autorise expressément un traitement nécessaire au respect d'une obligation légale (article 6.1.c) : le registre en est une. Tu n'as donc pas besoin du consentement du vendeur. En revanche, tu relèves uniquement les références de sa pièce d'identité, tu n'en conserves jamais de photocopie.

Comment remplir le registre quand j'achète sur Vinted ou Leboncoin ?
Tu n'auras pas l'identité civile du vendeur particulier, et la plateforme ne te la donnera pas. Conserve la confirmation de commande avec son numéro de transaction, le pseudo, la date, le montant, le bordereau d'expédition et une capture de l'annonce. N'invente jamais une identité : un registre inexact est sanctionné comme un registre absent.

Est-ce vraiment contrôlé ?
Le registre et le récépissé doivent être présentés sur demande de la police, de la gendarmerie, des douanes, des services fiscaux ou de la répression des fraudes. Les sanctions en cas de manquement sont lourdes.

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Vous vous demandez si votre situation correspond à un cas déjà rencontré par d'autres vendeurs ? Direction le forum Friptadium, rubrique Entreprise & administratif, pour comparer votre expérience.
Thibault, cofondateur de Friptadium

Thibault, cofondateur de Friptadium

Avant de lancer Friptadium (grossiste de seconde main Grade A), on a vendu près de 16 700 articles sur Vinted et en live sur Whatnot depuis 2022, avec 73 745 € de chiffre d'affaires Vinted en 2025 et une note de 4,9/5. On n'écrit ici que ce qu'on a vraiment testé sur le terrain.

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